Elections législatives 2024

Comment « voter chrétien » ? Voir la version PDF

Dimanche 23 juin 2024 — Dernier ajout mercredi 26 juin 2024

Une situation complexe et un conflit d’obligations créent un problème éthique.
Toute élection nous place devant une complexité, tout spécialement dans la situation présente où, dans notre pays, les extrêmes ont chacun une majorité relative alors que les partis « classiques » et les coalitions centristes s’effondrent, dans un contexte de clivages dû à des lois sociales et bioéthiques, votées ou à venir. Au plan international, on observe dans les démocraties occidentales la montée des populisme et des nationalismes tandis que des guerres de tout type sont multiples de part le monde.

Les électeurs ont à faire des choix prenant en compte des domaines multiples : économiques (familiaux, entrepreneuriaux), environnementaux, sociétaux (bioéthiques, sécurité, solidarité, éducation,santé) et ce avec un regard double : conséquences personnelles et sociétales qui ne concordent pas toutes, mais doivent être considérées simultanément.

Les extrêmes, même assortis de quelques alliés plus modérés, ont de quoi faire peur. En effet, elles procèdent par la désignation de boucs émissaires : d’un côté les immigrés récents ou qui résistent à l’intégration au travers d’une utopique identité politico-religieuse, de l’autre les « riches » (et l’on est toujours plus riche que d’ autres) , les juifs, l’autorité et les autorités. Les conséquences communes sont l’exclusion, la violence et les nationalismes dont l’issue est la guerre. le xxe siècle et ses hécatombes ainsi que l’histoire présente le montrent bien.

Plongés dans ce qui les dépasse, comment les citoyens chrétiens peuvent-ils assumer leur responsabilité individuelle ? Les évangiles montrent Jésus qui réintègre les exclus qui le souhaitent : étrangers, lépreux, collecteurs d’impôts malhonnêtes, adultères et prostituées ; il soulage ceux qui souffrent, etc. Jésus aime gracieusement et son amour, son pardon libère et nous permet d’aimer.

Disons tout de suite que la foi chrétienne ne donne pas plus de réponse pratique que notre devise républicaine mais plutôt des exigences supplémentaires et des appuis solides. Le chrétien se sait sauvé par la foi agissant par la charité. Aimer son prochain comme soi-même ne relève pas seulement de la solidarité liée à l’égalité (de droits et de devoirs), mais à la fraternité en tant que fils de Dieu d’égale et d’ inaliénable dignité. En terme « laïc », aimer c’est prendre soin de soi-même, de ses proches, de l’environnement, des lois qui nous gouvernent et nous protègent, sans oublier les pauvres. Ceux-ci ne sont pas seulement ceux qui gagnent moins que nous, ceux qui sont dans la précarité, qui n’ont pas accès à l’eau potable comme à la sécurité ; ce sont aussi deux qui souffrent de maladie ou de solitude ; bref, tout ceux qui ont besoin d’être aimés et dont il convient de prendre soin d’une façon ou d’une autre. Nous sommes tous interdépendants à des degré et de façons variables. Dans tous les cas, et au niveau qui est le notre, nous devons écouter, compatir, accueillir, aider. Tout le contraire de ce qui exclut : le repli sur soi, communautarismes et égoïsmes de tous genres.

Comment traduire tous ces impératifs en un vote, sachant que nous n’adhérons pas à la totalité du programme d’un parti et que les candidats ne sont pas irréprochables ? Il faut mettre en œuvre le discernement : faire une analyse aussi complète que possible de la situation (y compris les candidats dans ma circonscription) et non pas l’inventaire de mes opinions ; hiérarchisation des critères (positifs et négatifs), réflexions, regard extérieur, discussions et, pour le chrétien prière, sont nécessaires. A l’issue de ce processus, une décision prise en conscience varie d’un chrétien à l’autre car la hiérarchisation des critères n’est pas un algorithme mathématique.

Il n‘y a pas de « vote chrétien » mais on doit votre en chrétien.
Il nous faut choisir, décider, agir, au risque de nous tromper. Le choix éthique est la grandeur de l’homme, chrétien ou non.

Documents à télécharger

Revenir en haut