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Vendredi 8 avril 2022 — Dernier ajout dimanche 30 juin 2024

La CCBF est une extension du Comité de la jupe, qui s’est constitué en réaction à une déclaration du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, dans l’émission Face aux chrétiens sur RCF et Radio Notre-Dame le 6 novembre 2008, à propos du rôle des femmes dans l’Église.

Histoire

La CCBF est une extension du Comité de la jupe, qui s’est constitué en réaction à une déclaration du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, dans l’émission Face aux chrétiens sur RCF et Radio Notre-Dame le 6 novembre 2008, à propos du rôle des femmes dans l’Église. Mgr Vingt-Trois y déclarait : « Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées, le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ».

Indignées par ce qu’elles considèrent comme une offense à l’égard des femmes, Christine Pedotti, éditrice, et Anne Soupa, journaliste et bibliste, décident de porter plainte devant le tribunal ecclésiastique du diocèse de Paris au nom d’un « Comité de la jupe ›› réunissant alors 13 femmes et 2 hommes.

Quand André Vingt-Trois nuance son propos, la plainte est retirée. Mais le Comité de la jupe est rejoint par de nombreux sympathisants, dont des religieuses, des prêtres et des religieux.

Les « affaires de 2009 »

L’affaire Williamson, (Richard Williamson évêque catholique traditionaliste, nie à plusieurs occasions l’existence des chambres à gaz nazies, accuse les autorités américaines d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001 et affirme que les Juifs sont les « premiers serviteurs du diable » et probablement les créateurs de la Covid 19.
L’excommunication de la mère d’une fillette brésilienne ayant avorte à la suite d’un viol incestueux,
La déclaration de Benoît XVI sur la distribution du préservatif qui aggraverait l’épidémie de sida), amènent les membres fondateurs à s’exprimer sur d’autres questions que celle des femmes dans l’Église.

La CCBF prend le relais du Comité de la jupe à l’occasion d’une « marche des baptisés »à Paris le 11 octobre 2009.

« ll nous est apparu très vite que la question de la place des femmes était emblématique des questions qui traversent l’Église : un énorme déficit d’écoute aussi bien en interne que de la société. Mais aussi un manque de prise en compte dans les instances de décision de la parole des laïcs et de nombreux clercs, contraints d’avoir un double langage, public et privé. C’est pourquoi nous avons décidé d’élargir notre mouvement en créant une Conférence des baptisé-e-s de France qui promeuve la participation et la responsabilisation de tous, sans discrimination de sexe. Nous ne sommes ni tradis, ni progressistes. Nous ne demandons pas de transformer L’Église en démocratie, mais que l’on entende davantage le peuple de Dieu. Nous nous donnons dix-huit mois pour organiser des états généraux. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour mener à bien ce projet »

En 2017, elle revendique environ 10 O00 adhérents et sympathisants. ​

Aujourd’hui 22 groupes autonomes

La CCBF est un espace d’opinion publique qui encourage la prise de parole des baptisé-e-s. Une charte partagée par les adhérents définit sa vocation : « Ni partir, ni se taire » et « Nous ne demandons rien, nous espérons tout ». indéfectiblement attachée à la Bible et à la Tradition vivante de l’Église, la Conférence se situe résolument à l’intérieur de l’Église, en soutien à L’institution, afin de l’aider à se consacrer sereinement à sa vocation fondamentale : annoncer l’Évangile aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui.

Activité

La CCBF se définit essentiellement par son discours public. Sa position est présentée dans l’ouvrage des fondatrices, Les Pieds dans le bénitier, sur son site internet, dans des intentions régulières dans les médias et dans des lettres ouvertes.

Elle déclare ne mettre en cause aucun dogme (de l’Église catholique romaine) et être attachée à la tradition catholique. Elle considère en outre représenter les catholiques engagés dans la vie des paroisses et les mouvements d’inspiration catholique (scoutisme, CCFD, groupes d’étude biblique, etc.).

Cependant, elle analyse sévèrement le fonctionnement et certaines attitudes de l’institution. Elle dénonce notamment ce qui lui apparaît, surtout à l’époque de Benoît XVI, comme l’arrogance de la hiérarchie, la tendance de l’Église à priver les femmes de toute responsabilité, son homophobie, sa complaisance à l’égard des valeurs ultra-conservatrices, son abandon des intuitions du Concile Vatican ll et son indifférence à l’égard de l’œcuménisme…. Pour elle, ces attitudes expliquent l’hémorragie de toute une génération de baptisés et le désarroi des laïcs en mission.

Selon Anne Soupa : « Le risque actuel, c’est que L’Église ne soit plus catholique, c’est-à-dire ouverte et universelle, mais qu’elle apparaisse fermée à la souffrance humaine, moralisatrice, empreinte de juridisme ».

La CCBF souhaite contribuer à l’éveil des consciences et à la culture du débat. Elle rappelle également que l’Église se doit d’accueillir tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. En ce sens, elle proteste contre le catholicisme « identitaire ». Cependant la CCBF ne se définit pas comme un mouvement militant et, à la différence de la plupart des mouvements « progressistes ››, n’a pas de programme. Elle n’entend pas faire pression sur les épiscopats ou le Vatican, mais se borne à rendre publiques ses convictions. Contrairement à une opinion parfois soutenue, la CCBF ne réclame pas l’ordination sacerdotale des femmes. L’association incite ses adhérents à rester dans l’Église pour faire évoluer les choses de l’intérieur. Les trois ministères de la Conférence :

Le ministère de l’Écoute  ; Écouter fait du bien, nous relie les uns aux autres, nous enrichit. Et Dieu est au bout de notre écoute. Pour la Conférence, écouter est une tâche prioritaire, un vrai ministère.
Le ministère de L’Espérance : La Conférence est née de notre espérance : oui l’Évangile a un avenir ; oui le Christ accompagne notre monde qui change. Chez nous l’espérance est un ministère « naturel ».
Le ministère de la Bienveillance : Dire du bien, c’est faire comme Dieu, aux jours de sa création, et comme Jésus qui ne juge ni ne condamne. Que la Conférence bénisse ce qui se fait de bon, parce que cela fait grandir la vie.

Philippe et moi étions adhérents à la CCBF depuis un bon moment, depuis la lecture de Les pieds dans le bénitier et aussi nos rencontres avec Christine Pedotti qui venait en vacances chaque année à l’Île Grande et que nous avions découverte à la lecture de ses livres écrits sous le nom de Mgr Pietro di Paoli.

Personnellement j’ai du mal à comprendre que recevant le même baptême que les hommes, les femmes aient si peu de place dans l’Église. La rencontre de ces femmes m’en a fait prendre conscience encore plus. J’ai vu que je n’étais pas seule à souffrir de ce mépris de la femme.

J’ai pris une grosse claque au moment des découvertes des abus sexuels et je me suis sentie trahie par cette Église à laquelle j’avais donné le meilleur de moi-même depuis toujours . J’ai eu envie de tout abandonner… Quand le pape a mis en place le Synode sur la synodalité, je me suis remise à espérer et prenant cette occasion comme celle de la dernière chance. J’ai donc sollicité six femmes ex ou encore engagées dans l’Église à des postes-clés : caté, déléguée paroissiale,catéchuménat, formation biblique et liturgique…avec lesquelles nous évoquions notre malaise, notre souffrance, notre désir de voir les choses changer, et leur ai proposé de nous retrouver autour des questions du Synode sur la synodalité . Ce qui nous réunissait : une foi en Jésus-Christ ressuscité, une fréquentation de l’Écriture et une soif de vivre dans une Église vivant les valeurs évangéliques .Malgré notre désaccord avec l’Église telle qu’elle est aujourd’hui, nous ne voulions « ni partir ni nous taire » : devise de la CCBF.

C’est de là que nous est venue l’idée avec Philippe et d’autres diacres, de mettre en place la CCB-Armor afin d’avoir un lieu de référence pour nous aider à mettre en cohérence ce que nous sommes et ce que nous voulons vivre en tant que baptisé.e.s au cœur de notre Église.

Voilà, nous en sommes à nos balbutiements…

Voir en ligne : La carte des groupes affiliés à la CCBF

Documents à télécharger

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