Communiqué de presse de la CCBF

Rompre avec nos valeurs communes, c’est nier notre identité Voir la version PDF

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Vendredi 21 juin 2024 — Dernier ajout lundi 24 juin 2024

Dans quelques jours nous devrons exercer nos responsabilités de citoyens : nous élirons nos représentants à l’Assemblée Nationale. Comme chrétiens nous ne pouvons souscrire à des choix politiques qui font de la haine de l’autre différent les fondements de leurs programmes d’actions.

Quand l’antisémitisme d’un côté et le rejet de l’étranger de l’autre se concurrencent et se complètent pour expliquer et conjurer nos difficultés et parfois nos malheurs, la référence à l’évangile est et doit rester notre boussole sur le chemin de la raison et de l’humanité la plus élémentaire.

S’il est légitime d’afficher nos différences sur les moyens de promouvoir notre identité nationale et sur les modalités d’organisation de notre vie commune, nous ne pouvons le faire qu’en respectant les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont constitutives de notre identité nationale. La reconnaissance de ces valeurs fondamentales est un préalable aux programmes politiques, quels qu’ils soient, concrétisant les termes de notre contrat social.

Quand l’essentiel est en jeu, nous chrétiens, nous souvenant de la déclaration œcuménique de Barmen [1] qui dénonçait les dérives de la politique allemande en 1934, notre devoir comme citoyens et chrétiens est de rappeler qu’aucun projet fondé sur la haine de l’autre, ne pourra jamais être le nôtre.

Conférence des baptisé-e-s (CCBF)

La CCBF est un réseau de personnes et d’associations 1901 qui rassemble des chrétiens d’ouverture, heureux de construire l’Église de demain, loin des postures identitaires et cléricales, en dialogue avec le monde contemporain et tournés vers l’avenir. Au centre de ce réseau, une association (la Diaconie des baptisé-e-s) gère les services communs entre tous et mutualise les expériences. Tout le réseau promeut une véritable opinion publique dans l’Église et dons la société, et contribue par des prises de positions et de nombreux projets - nourris de célébrations, lectures suivies d’évangiles, formation, conférences, forum de discussions, etc. - à se mettre dans le sillage de l’Église prônée par le pape François.

[1Karl Barth, Dietrich Bonhoeffer, Rudolf Bultmann, théologiens ; voir le lien.

Vos témoignages

  • Jean TANGUY 22 juin 2024 15:54

    C’est imprudent, pour ne pas dire choquant, d’écrire "Quand l’antisémitisme d’un côté et le rejet de l’étranger de l’autre se concurrencent et se complètent…« . Cela revient à employer la rhétorique macroniste qui considère que le NFP et le RN sont politiquement aux extrêmes. Si on admet que LFI a porté des positions antisémites et racistes, on doit aussi admettre que c’est surtout le fait de son responsable qui est sur le déclin et de plus en plus désavoué par ses camarades, des positions qui polluent toute le NFP alors qu’elles ne sont pas les siennes. Les dynamiques de la Gauche et du RN ne sont pas parallèles mais opposées. Le RN est un parti d’extrême-droite europhobe, anti-immigration, russophile, opposé à des droits humains fondamentaux qu’il tentera de détruire. La Gauche est un ensemble plus subtil et complexe, où les outrances de certains membres s’opposent aux comportements démocrates soucieux de l’unité de la Nation, raisonnés et constructifs des autres, à leur détermination pour une Europe forte et unie, à leur engagement en faveur de l’aide à l’Ukraine, à leur engagement pour l’écologie… Peut-on oublier le »J’accuse" de Raphaël Glucksmann en faveur des Ouïghours en Chine ? Le récent vote des Européennes a bien montré le retour des valeurs sociales-démocrates. Il est regrettable que ce retour soit occulté par la place prise par la dissolution de l’Assemblée nationale.

    Nous, Chrétiens, ne pouvons souscrire à un projet de société qui fait place au rejet et à la haine de l’autre. Nous devons scruter les programmes, repérer lequel est le plus respectueux de nos valeurs et le plus en accord avec nos positions théologiques, ne pas se laisser tromper par des miroirs aux alouettes. Une fois nos députés élus, nous devrions nous souvenir de ce périlleux moment et nous engager pleinement pour que nos valeurs ne soient pas bafouées, puisque notre devise à la CCBF est « ne pas se traire ».

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